Le défi du logement

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L’accès ou le maintien dans le logement pour les personnes précaires, fragilisées par les maladies, en perte d’autonomie ou en situation de handicap, est un enjeu de santé.

En 1997 est adoptée, par l’Organisation Mondiale de la Santé, la Déclaration de Jakarta sur la promotion de la santé au XXIe siècle. Les déterminants de santé sont placés au premier plan : en agissant sur eux, nous contribuons au progrès de la santé et à la réduction des inégalités en matière de santé.

Le logement : un déterminant en matière de santé

Un déterminant, en santé publique, est un facteur qui influence l’état de santé d’une population soit isolément, soit en association avec d’autres facteurs. Les facteurs politiques, économiques, sociaux, culturels, environnementaux et biologiques trouvent donc largement leur place à côté des facteurs comportementaux.

Gros plan d'une fenêtre d'une maison en bois

Ces déterminants sont les conditions préalables d’une bonne santé. L’OMS retient en priorité : la paix, le logement, l’éducation, la sécurité sociale, les relations sociales, l’alimentation, un revenu, la responsabilisation des femmes, un écosystème stable, une utilisation durable des ressources, la justice sociale, le respect des droits de l’homme, l’équité.

Le logement est donc, à travers toutes ses facettes (qualité, coût, localisation, voisinage, etc.) un déterminant de notre état de santé.

Hébergement ou logement ?

En matière d’habitat pour ces publics, la France se caractérise par un taux très élevé d’institutionnalisation (Foyers, CHRS, …) associé à un parcours d’accès au logement dit en escalier. L’accès au logement (autonome ou adapté) se fait par une progression de l’individu dans différents dispositifs (urgence, insertion, ...) avant l’accès éventuel à un logement à son nom. Chaque étape est conditionnée à la capacité de l’individu à s’adapter au dispositif d’accompagnement.

Il est important d’avoir en tête le distinguo entre Hébergement et Logement. L’hébergement a une durée temporaire, la personne hébergée n’est pas « domicilié » là où elle dort, elle paie une redevance et non un loyer, et ne peut donc bénéficier, par exemple, de quittance pour ses futures recherches de logement. L’usager hébergé reste dans la précarité et l’incertitude face à son avenir. Le point fondamental du Logement est la pérennité d’occupation des lieux. Cette pérennité est souvent une condition sine qua non pour se projeter et avancer.

Le logement : un droit ?

Depuis quelques années, L’objectif affiché des politiques publiques vise à un changement de modèle. C’est en ce sens qu’a été élaboré le plan quinquennal « Logement d’abord ». Concernant l’accès au logement cela passe par une orientation rapide et durable des personnes sans domicile depuis la rue (ou l’hébergement) vers le logement. Concernant le maintien dans le logement cela passe par un accompagnement adapté, modulable et pluridisciplinaire afin d’éviter les ruptures de parcours résidentiel (expulsion notamment).

Immeuble

Tout individu doit pouvoir bénéficier d’un logement indépendamment de sa situation sociale, de santé, d’autonomie ou de handicap. Ce postulats étant posé, il est nécessaire de réfléchir, proposer, développer des formes de logements adaptés, qu’ils soient individuels diffus en ville, qu’ils soient semi collectifs. Les fondements du logement accompagné sont :

  • l’accessibilité économique et la localisation
  • la gestion locative adaptée (médiation, facilité et suivi de paiement, etc)
  • l’accompagnement individuel adapté aux besoins
  • la médiation du lien vers l’autre et la cité.

Ces logements prennent différentes formes et appellations : Résidence d’Accueil (type Paramar), Intermédiation Locative, etc.

Essentiel : proposer une offre de logement autonome

Les politiques publiques en charge du logement à destination des personnes précaires (Ministère de la cohésion des territoires) parlent de « Logement accompagné » ou de « Logement d’abord », … Les politiques publiques à destination des personnes âgées ou en situation de handicap (Ministère de la cohésion sociale et de la santé) parlent « d’Habitat inclusif ». Il y a bien sûr des particularités, des nuances entre ces deux portes d’entrée mais l’essentiel est de proposer une offre entre le logement autonome (celui de notre quotidien) et les établissements médico-sociaux qui ne relèvent plus du champ du logement.

Pierre Pitsaer

Auteur

Pierre Pitsaer,

Chef de service au Pôle Social de la Fondation Seltzer en charge des ACT (Appartement de Coordination Thérapeutique) sur les Hautes Alpes et de la Résidence Accueil Paramar à Laragne.

 

Pour aller plus loin : Un autre article sur le logement dans ce blog :

Le projet social du logement accompagné à l'épreuve de l'expérience.

2019-02-15T19:53:13+01:00 15 février 2019|Santé, Social|0 commentaire

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