Le risque suicidaire

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Des chiffres qui interpellent

Selon l’ONS (Observatoire National du Suicide), en 2014, le suicide en France représenterait environ 10 000 décès par an, soit 24 décès par jour, avec un taux de suicide 3 fois plus élevé chez l’homme que chez la femme. Il est la première cause de mortalité chez les 15-34 ans.

Le temps de l'action

Suite à une formation organisée par le CODES (Comité Départemental d'Education à la Santé), nous avons constitué un groupe de travail afin de diffuser à l’ensemble des professionnels de la Fondation Seltzer des éléments de repérage d’une crise suicidaire et l’organisation d’une prise en charge susceptible d’éviter ou de limiter la fréquence des passages à l’acte suicidaire.

desespoir

L’outil consiste en une évaluation du Risque, de l’Urgence, de la Dangerosité de la situation (RUD) lors d’un entretien. Celui-ci permet non seulement cette évaluation mais également grâce à une écoute attentive, une reconnaissance de la souffrance et la proposition d’une aide adaptée. Cela peut favoriser dans un premier temps une libération  (décharge) émotionnelle capitale pour le désamorçage de  la situation et permettre un retour à l’équilibre ponctuel.  Quoiqu’il en soit, en cas de crise avérée, une présence physique auprès de la personne est indispensable avant toute prise en charge spécialisée.

Au-delà de ces éléments, il nous paraît important d’interpeller, chez chacun d’entre nous, les représentations que nous avons sur le suicide.

En effet, le fait d‘être brutalement confronté à la mort entraîne des tentatives de rationalisations afin de se protéger, ce qui peut entrainer des préjugés, des idées fausses et des tabous. Cette réaction est humaine.

Parmi quelques idées reçues...

 le suicide est un choix personnel à respecter »

En réalité : la personne  ne choisit pas de mourir mais elle cherche à ne plus souffrir. Elle se sent dans une impasse et considère qu’elle n’a pas le choix. Elle n’est pas en mesure d’un point de vue cognitif de raisonner autrement, ce n’est ni du courage, ni de la lâcheté. Elle croit qu’il n’y a pas d’autre possibilité pour arrêter de souffrir. Le fait d’en parler peut permettre de s’apaiser et d’entrevoir d‘autres perspectives.

soutien

-« la personne qui menace de se suicider ne le fait pas, elle cherche à attirer l’attention/c’est du cinéma »

Même si on peut voir, parfois,  une part de manipulation dans les messages envoyés, il ne faut pas oublier qu’il y a avant tout du désespoir. La menace de suicide doit toujours être prise au sérieux. La personne qui agit ainsi souffre et a besoin d’aide (écoute, attention..).

-« parler du suicide encourage le passage à l’acte »

Au contraire, ce n’est pas suggérer l’idée de passer à l’acte mais ouvrir la porte à l’expression de la souffrance. C’est l’occasion pour la personne de se sentir reconnue et faciliter ainsi une demande d’aide et de soutien. Les personnes en crise suicidaire sont soulagées de pouvoir partager le fardeau de telles pensées et apaiser leur tension.

Auteurs

Marie-Emmanuelle GORRY, psychologue

Véronique MARTIN COURCIER, Infirmière

Sophie LAROCHE, Infirmière

Pascal LEROY, Aide Médico-Psychologique

Jean-Paul ROUX, Infirmier

Nadine LACOURT, médecin

Mireille JOANNY, Cadre de santé

2018-03-21T22:19:19+00:00 21 mars 2018|Psy, Santé|1 Comment

Un commentaire

  1. Calleo 13 août 2018 à 15 h 41 min- Répondre

    Le suicide est un sujet tabou. De nos jour son taux s’est beaucoup accentué et ceci est du à plusieurs causes notamment des troubles psychiques.
    Merci pour ce partage !

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