Médecin en centres de santé : une pratique plurielle

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Depuis la fin de mes études de médecine, mon parcours m’a amené à travailler en Maurienne mais aussi à la Réunion. Je travaille dans les deux centres de santé de la vallée de la Guisane depuis maintenant 2 ans et  la pratique dans nos centres a  des particularités que j’ai découvertes avec beaucoup d’intérêt.

Les centres de santé arrivent en zone rurale

En 2017, 1 750  centres de santé sont référencés en France (selon la Direction Générale de l'Offre de Soins), dont près de 500 sont des centres de santé polyvalents ou médicaux. Les autres sont infirmiers ou dentaires.

Les centres de santé sont encore rares en zone rurale alors qu’ils existent depuis le début du XXe siècle dans les zones en forte croissance, où la médecine libérale ne s’installait pas car la population n’y était pas solvable : banlieues, zones minières et industrielles…

Les centres de santé de Chantemerle et de Monêtier-Les Bains ont été créés dans un contexte où le nombre de médecins généralistes décroit et où les installations en zones rurales se font plus rares. Leur présence permet alors d'y maintenir un tissu médical. De plus, la médecine générale change et se vit désormais en équipe.

Centre de santé de Monêtier-les Bains

Travailler en équipe pour se compléter et ne pas être seul

Le travail en groupe rend cet exercice plus enrichissant et plus complet. Une équipe médicale est une force. La présence des différents corps de métier au sein des centres (secrétaires, manipulateur radio, infirmières) et des différents praticiens nous permettent d’élargir notre champs de compétence, d’optimiser nos prises en charge, d’échanger sur des cas complexes, de confronter nos pratiques.

Les deux centres de la vallée de la Guisane sont en front de neige, en bas des pistes. Ils sont tous les deux équipés afin de pouvoir répondre aux demandes de soin de la vallée mais également prêts à recevoir les traumatisés du ski de la station. Le nombre de consultations quotidiennes peut alors passer de 20 patients  durant l’intersaison, à plus de 70 en février. Ceci nous pousse à nous organiser, à différencier les consultations habituelles des urgences, et donc de parfois être en retard….  (mais là, je ne vous apprend rien…)

Lors de l’activité hivernale, en plus de la pathologie de médecine générale habituelle, s’ajoute les patients victimes d’une chute en ski : les luxations d’épaule, les fractures du poignet, les entorses  du genou, les fractures de jambes, les plaies……. Ce travail se fait en collaboration avec les pisteurs-secouristes, les urgentistes et les orthopédistes afin de pouvoir optimiser les parcours de soins et les prises en charge.

Vallé de la Guisane

C’est cette diversité d’activité qui donne sens à ce qu’est la médecine générale, une médecine de premier recours, une médecine complète, diversifiée, touchant toutes les pathologies, du nouveau-né au centenaire et englobant les caractéristiques psychologiques et sociales de chacun.

Dr Jérémy Kleiber

Auteurs

Jérémy Kleiber est médecin aux Centres de Santé de Monêtier et de St Chaffrey.

Les deux centres sont gérés par la Fondation Edith Seltzer

2019-07-03T15:10:31+02:00 3 juillet 2019|Médecine, Santé|0 commentaire

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