Le train : mobilité douce d’avenir ?

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Il était une fois un chemin de fer en zone rurale ouvert en 1916 desservant une zone montagneuse comptant environ 40 000 habitants et culminant à une altitude de 1200 mètres environ. Cette ligne devait être prolongée vers l’international. Cette voie ferrée fut, à partir des années 60, menacée de fermeture. 8 commissions successives seront désignées pour étudier le sort de cette voie de chemin de fer. Ce ne fut qu’en 1982 qu’il fut décidé de maintenir la ligne. Les travaux de modernisation dureront 6 ans.

Cela vous fait sans doute penser à un chemin de fer près de chez nous…

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Mais où se trouve ce chemin de fer ?

Reprenons le cours de l’histoire de cette ligne ferroviaire : Aujourd’hui, un train dans chaque sens toutes les demi-heures de 6 heures à minuit, et même 1h30 les week-ends. Sur les derniers kilomètres, le cadencement se « réduit » à 1 train par heure dans chaque sens de 6 heures à 22 heures pour desservir le terminus de la ligne, un village de 212 habitants ! Le trafic a été multiplié par cinq en quarante ans. La fréquentation est telle que le projet actuel est un cadencement au quart d’heure sur la majeure partie de la ligne !

Cette fois, plus de doute, ce n’est, hélas, pas la ligne à laquelle nous pouvions penser… Et curieux cette divergence dans l’évolution de 2 voies ferrées.

La solution dans toutes ses dimensions

Cette voie ferrée est Suisse, c’est la ligne Nyon – Saint-Cergue – La Cure.

Ce succès ne se base pas sur une logique de contrainte financière : le péage des autoroutes suisses est reconnu comme beaucoup plus économique qu’en France à l’usage : leur accès est libre après achat d’une vignette annuelle de 40 Francs Suisses (environ 35 Euros).

Rail en montagne

La démarche des autorités suisses est la même partout, faciliter la vie de l’usager pour l’inciter à se convertir plus facilement aux modes de transport doux :

  • Tous les modes de transport (compagnies privées ou fédérale, trains ou cars) sont gérés sur une même base, accessible par internet ; on vous mentionne même la distance en mètres à parcourir à pied depuis le dernier arrêt pour atteindre des lieux identifiés : mairie, poste…
  • Une logique de « hub » (1), certaines gares étant le point de départ de cars avec correspondances systématiques ; ces gares sont desservies par des trains directs ;
  • Un billet unique qui peut combiner ces modes de transport ;
  • Une large amplitude de circulations, y compris tôt le matin ou tard le soir, pour offrir une vraie alternative au transport individuel ;
  • Un cadencement avec des minutes identiques pour un arrêt donné (espacement des trains de 60 minutes exactement, y compris pour les cars) pour éviter à l’usager de devoir se renseigner sur l’horaire.
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Vers quelle solution d’avenir ?

Pendant ce temps, en France, le rapport Spinetta (2) préconise « un redéploiement du ferroviaire sur son domaine de pertinence », ce qui montre la différence de logique qu’il peut exister d’un pays à un autre.

Nous sommes nombreux à nous inquiéter du réchauffement climatique, nombreux à vouloir agir contre la pollution et l’insécurité routière, nombreux à vouloir protéger notre environnement, nombreux à être sensibles au développement durable. Et pourtant, on nous « explique » que les usagers de la ligne Gap Briançon préfèrent le car au train !!! Il est grand temps d’expliquer, aux usagers bien-sûr, que le train à Briançon peut être utile.

  1. Wikipédia : « un hub est le point central d'un réseau de transport. Cette plaque tournante assure par sa concentration un maximum de correspondances »
  2. Rapport sur « l’avenir du transport ferroviaire » remis au Premier Ministre le 15 février 2018
Charles Bouchard

Auteur

Charles Bouchard, Responsable des services logistiques de la Fondation Seltzer

Impliqué dans la démarche développement durable

Liens utiles pour aller plus loin

Tout savoir sur les hubs

Article du Monde  "SNCF : neuf propositions-chocs et une révolution dans le rapport Spinetta"

 

2018-03-07T17:30:16+00:00 7 mars 2018|Développement durable, Social|2 Commentaires

2 Commentaires

  1. Bonneval 7 mars 2018 à 19 h 20 min- Répondre

    Bonjour,
    J’aimerai connaître quels sont les usagers briançonnais qui préfèrent le car au train. Le car n’offre aucun avantage. Pas de possibilité de lire, pas de connexion internet, pas le loisir de détendre ses jambes et ne parlons pas des enfants confinés sur un siège inconfortable.
    En cas d’enneigement le car devient aléatoire et dangereux.
    L’espace vitale est sans comparaison en faveur du train.
    L’espace vitale est

    • mchollander 8 mars 2018 à 11 h 42 min

      Nous sommes d’accord !

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