Travailler dans un Centre de Soins d’Accompagnement et de Prévention en Addictologie.

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Au CSAPA Nord des Hautes Alpes, chaque jour est une surprise : pas de routine.  L’équipe de professionnels est composée de 3 médecins, une cadre de santé, 2 psychologues, 2 infirmières, une assistante sociale, une conseillère en économie sociale et familiale, un animateur et une secrétaire… Elle accueille des personnes en situation d’addiction et les accompagne.  Elle peut aussi accueillir leur  famille.

Stand CSAPA en milieu festif

Qu'est-ce qu'une addiction ?

Selon le Larousse « l’addiction est un processus par lequel un comportement humain permet d’accéder au plaisir immédiat tout en réduisant une sensation de malaise interne. Il s’accompagne d’une impossibilité à contrôler ce comportement en dépit de la connaissance de ses conséquences négatives. »

Les addictions peuvent être à base de produits licites : l’alcool, le tabac… mais  aussi illicites comme les stupéfiants. Pour ces derniers, aujourd’hui, l’équipe constate que les produits évoluent et sont davantage dosés. Certains peuvent aussi consulter  pour des addictions aux jeux, jeux d’argent ou jeux vidéo, mais encore  pour une utilisation excessive d’internet ou pour des  troubles des comportements alimentaires… Les situations sont variées et toujours uniques.

Les objectifs de l'équipe du CSAPA

Pour les professionnels du CSAPA, il est fondamental que chaque personne accueillie ne se sente ni stigmatisée ni jugée. L’objectif est avant tout de diminuer les risques pour l’individu et pour son entourage. Ainsi, les infirmières peuvent expliquer  l’utilisation de « stéribox » afin d’éviter les échanges de seringue, mais aussi distribuer des « pip à crack », des « roule ta paille » ou des préservatifs. Elles font essayer les lunettes « simulateur d’alcoolémie » afin d’aider à prendre conscience de ses  perceptions quand on est alcoolisé.

Dessin d'humour

A la rencontre du public

Le public a entre 15 et 75 ans mais la majorité est âgée d’environ 45 ans. 80% sont en grandes difficultés sociales, en situation précaire. Ils  arrivent parfois d’autres villes avec l’idée un peu idyllique que l’air pur de Briançon va les aider à mieux vivre. C’est vrai que la ville est petite  et que le travail en réseau y est vivant. Connaître les personnes ressources permet de gagner du temps et de trouver des solutions `

Parfois les consultations sont une alternative aux poursuites ou dans le cadre d’une obligation de soins demandée par le juge.

Pour rencontrer tous ces publics, le CSAPA les accueille mais s’attache aussi à aller vers eux.
Les consultations (gratuites et pouvant être anonymes) se déroulent Espace Epicéa à Briançon et  en « consultations avancées » à Embrun, Aiguille, Guillestre, Vallouise…dans des locaux loués ou mis à disposition. L’infirmière réalise le premier accueil en entretien individuel. Les personnes sont alors orientées vers un des médecins, le psychologue ou l’assistante sociale si besoin. Un suivi infirmier peut se mettre en place.

Des modalités d'intervention diversifiées

Des interventions sont réalisées en milieu scolaire auprès de Mission Jeunes 05.
Des centres de vacances ou dans des entreprises dont les dirigeants sont sensibles à certaines problématiques (le  tabac ou l’alcool par exemple) font appel au CSAPA.

Des animations et des ateliers  sont proposés : art-thérapie, estime de soi, cuisine… afin de favoriser l’expression des participants. Des groupes de paroles peuvent faire partie  de parcours de soins avec un animateur et la psychologue du CSAPA.

L’équipe se déplace une quinzaine de fois par an en milieu festif et tient des stands (lors des festivals par exemple). Certains organisateurs prennent ce réflexe, rassurés que les participants soient sensibilisés à la nécessité d’avoir un SAM (Sans Accident Mortel) dans leur voiture pour rentrer…  SAM c’est « celui qui ne boit pas et ne consomme pas de stupéfiants ».

Le quotidien est donc fait de moments difficiles  mais aussi parfois de fous rires, comme quand, lors d’une soirée festive, l’éthylotest est tombé en panne et que tout le monde s’est retrouvé avec un taux d’alcoolémie record (même les animatrices du stand avec 0.92 g  pour l’une et 0.72 pour l’autre !)… Les piles n’y étaient pour rien, il a fallu changer l’appareil !
 

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Auteurs

Solène Dubeuf et Christelle Bourgeois, infirmières au CSAPA Nord Hautes Alpes

 

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2018-11-21T15:52:54+00:00 21 novembre 2018|Médecine, Non classé, Santé|0 commentaire

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