Maillons de la lutte contre la pandémie COVID19

Accueil > Médecine, Social > Maillons de la lutte contre la pandémie COVID19

Avril 2020

De quoi parlons-nous ?

Une pandémie est une épidémie qui s'étend à la quasi-totalité d'une population (1). Est-il besoin de rappeler celle de 1889 qui ne s’est éteinte que 5 ans plus tard ou la tristement célèbre " grippe espagnole" de 1918-1919 avec ses 15 millions de morts ?

La réaction devant un tel tsunami, qu’il vienne de Chine ou d’ailleurs est souvent une inquiétude, voire de la peur comme en témoigne les dizaines de milliers d’appels reçus par les centres 15 pour une simple toux, une petite fièvre ou des courbatures. Et cette peur s’explique : le virus et la maladie sont nouveaux, sans traitements pour se soigner, sans vaccin pour se protéger ; médias traditionnels et réseaux sociaux amplifient cette inquiétude, déclenchant des comportements aberrants dont le stockage des aliments et des produits de première nécessité, déclenchant la pénurie que ces comportements voulaient anticiper (on est proche des prévisions auto-réalisatrices).

Agir

Les autorités ne peuvent pas ne pas réagir. Les décisions seront donc d’ordre sanitaire, économique, politique et réglementaire ; elles doivent être cohérentes, inscrites dans une continuité tout en restant adaptables (!), applicables et acceptables. En deux mots « très complexes », d’où la nécessité d’expliquer, d’expliquer et d’expliquer encore.

Masque, gants et gel hydroalcoolique

Qu’on nomme l’engagement contre ce coronavirus, priorité de santé publique, programme national de santé, guerre, etc… peu importe, l’important est de porter sur lui un regard global. L’efficacité de l’engagement contre le virus, en d’autres termes la réussite de cette action de politique de santé, va résulter de la somme des décisions prises : mesures barrières dont le confinement et la disponibilité de masques, prévention du risque de surnombre de patients en état critique pour éviter des choix dramatiques, recherche d’un médicament et d’un vaccin sachant que les chinois ont déjà fourni la carte génétique du virus, multiplication des moyens d’accueil et de réanimation des malades, mesures de protection des entreprises et des salariés, mesures d’ordre économique. Last but not least, accepter de changer d’orientation avec l’évolution quotidienne des connaissances : dans le monde, on a rarement vu autant d’équipes travailler simultanément et en concertation, pour apporter des réponses innovantes et validées.

Quelle leçon tirer de tout cela ?

Cette "guerre" a une particularité, nous savons que nous allons la gagner. Son prix ? Il dépend de nous, de notre solidarité, de notre capacité à jouer tous ensemble le même jeu avec les mêmes règles.

Le système de santé n’est pas une dépense sur le dos duquel  des économies peuvent être faites. Il est un bien fragile qui requiert de réguliers investissements.

La décision politique n’est prise que lorsqu’une société est prête à l’accepter. C’est une lapalissade et en voici un exemple : la France, contrairement à la Chine, la Corée ou le Japon, a revendiqué, au Siècle des Lumières, le droit de vivre à visage découvert (2). Ainsi au début de l’épidémie, le port d’un masque (même fait-maison) dans l’espace public était difficilement acceptable. L’évolution des représentations aujourd’hui va permettre de faire évoluer les recommandations.

Pour conclure

C’est par notre investissement personnel que nous sommes forts au sein de notre équipe. C’est par la solidarité entre nos équipes et notre complémentarité que nous créons la qualité du travail de la Fondation Edith Seltzer. C’est grâce à notre engagement chacun à notre place, que nous sommes un des maillons forts de ce programme mondial de santé publique.

Références

(1) Centre National de Ressources Textuelles et Lexicales

(2) Au Siècle des Lumières peu avant la Révolution Française, l’Aristocratie s’ornait de masques dans les salons. La Révolution a permis de définir l’espace public comme un lieu où les citoyens se présentent à visage découvert. (F. Keck)

Dr Etienne André

Auteur

Dr Étienne ANDRÉ

Retraité, Grenoble
Administrateur de la Fondation Edith Seltzer
Président du Comité Médical

Addictologie, Santé Publique
20 ans d’addictologie au CHU de Grenoble
20 ans dans la recherche : douleur, maladies du vieillissement, addictions
40 ans de Santé Publique : formations, programmations d’actions de santé, organisations de consensus d’expert pour la pratique médicale

2020-04-29T16:19:53+02:00 8 avril 2020|Médecine, Social|0 commentaire

Laisser un commentaire